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Article
Erratum « Brun, le benêt du Roman de Renart »
Sur les traces de l’Ours


Vladimir Propp sur Le Roman de Renart
Lise Gruel-Apert

Dans le numéro 72 de La Grande Oreille, Sur les traces de l’Ours, l’introduction de notre article « Brun, le benêt du Roman de Renart » affirmait que ce roman avait été écrit de 1175 à 1250 et que c’était un récit « de culture savante et non populaire ». Lise Gruel-Apert tient à revenir sur cette présentation.

L’ouvrage récemment traduit de Vladimir Propp Le Conte russe (1) permet de nuancer ces affirmations.
Voyons d’abord les dates et les langues dans lesquelles les romans médiévaux dont fait partie Le Roman de Renart ont été écrits. Le premier d’entre eux date de 940, il est dû à un moine de Lotharingie, écrivant en latin. Puis, on trouve une version néerlandaise datant de 1148, suivie de la version française, datée de 1230 environ. La série s’achève sur plusieurs versions allemandes s’étendant jusqu’à 1794.

Autrement dit, on est en présence de plusieurs romans en différentes langues, s’étendant sur une longue période et impliquant plusieurs pays d’Europe occidentale (et pas uniquement la France). On a affaire là à une culture savante qui introduit dans sa fabulation une coloration satirique, tantôt anticléricale, tantôt politique. Une telle dimension est absente du conte populaire.

Il n’en est pas moins vrai que ces romans ont en commun avec les contes populaires d’animaux des sujets aussi connus que le vol du poisson, la pêche avec la queue, le loup idiot, etc. Or, ces sujets de contes sont, eux, bien représentés dans la tradition orale. Ils existent non seulement dans la tradition orale française (2), mais dans la tradition orale russe (3). Si l’on peut faire l’hypothèse que le Roman de Renart a influencé la tradition orale française, une telle supposition est hors de question du côté russe, vu qu’il n’existe aucun roman médiéval en langue russe. De plus, il est à noter que des recueils de contes russes provenant de l’Oural (4) ou de la Russie du nord (5), pour ne citer que ceux-là, connaissent également de tels sujets. Comment donc le paysan, le plus souvent illettré, des périphéries de la Russie, aurait-il pu connaître une traduction de l’un ou de l’autre de ces romans médiévaux ? Est-ce que l’ensemble de ces faits ne nous mènerait pas plutôt à la déduction suivante : ces romans médiévaux ont pour point de départ une culture savante, mais elle est basée, voire ancrée dans une tradition populaire. Cette tradition populaire était alors omniprésente, et les auteurs des romans médiévaux l’ont modifiée dans le sens de leurs intérêts. Et c’est cet ancrage réussi qui a fait le succès du Roman de Renart à travers les siècles.

Disons en conclusion que les rapports entre culture savante et culture populaire sont complexes et ne peuvent être tranchés trop rapidement, et reconnaissons avec Propp que la transmission orale existe et qu’elle peut être très différente de la transmission écrite (6).

Notes :
1. Vladimir Propp, Le Conte russe, trad. Lise Gruel-Appert, Paris, Imago, 2017, p.184-186
2. Paul Delarue et Marie-Louis Tenèze, Le Conte populaire français, tome III, G.-P. Maisonneuve et Larose, 1976
3. Alexandre Afanassiev, Les Contes populaires russes, trad. Lise Gruel-Apert, tome I, Imago, 2009. Et je ne parle pas ici de la tradition orale germanique, probablement concernée aussi !
4. Dimitri Zélénine, Les Contes grands-russes de la province de Perm, Petrograd, 1914 ; et Dimitri Zélénine, Les Contes grands-russes de la province de Viatka, Petrograd, 1915.
5. Les Contes du Nord dans le recueil d’Ontchoukov, Saint-Pétersbourg, 1908
6. Le Conte russe, p.244



Interview

MERLIN, LA LÉGENDE MUSICALE

Propos recueillis le 9 juin 2021 (Folies Bergère)

Il est 16 heures lorsque nous nous installons dans la salle parisienne des Folies Bergère, pour assister aux demières répétitions du tant attendu Merlin – La légende musicale.

Sur la scène, décors enchanteurs et enchantés, comédiens en costume, et surtout une belle Table ronde. Sous les regards attentifs de l’auteure et metteuse en scène Marie-Jo Zarb, et du producteur Alexis Loizon, chacun donne vie aux personnages mythiques du cycle arthurien: on retrouve le roi Arthur, la reine Guenièvre, les chevaliers de Camelot et surtout… l’inénarrable Mellin. Entre deux scènes, Arnaud Léonard, qui incarne le légendaire druide, répond aux questions de La Grande Oreille. Cheveux longs, barbe fournie, costume sylvestre fait de peaux de bêtes, magicien, le comédien nous donne un aperçu de sa version du célèbre druide.


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La Grande Oreille & Bibliorécit

Jusqu’au 31 décembre inclus, nous vous offrons la possibilité de souscrire à une offre La Grande Oreille x Bibliorécit

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Dernier numéro paru
La Grande Oreille
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Sur les chemins

La Grande Oreille n°84
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Printemps 2021
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Pour échapper aux voies toutes tracées, ce numéro de La Grande Oreille vous invite sur les chemins de traverse. Disponibles à l’inattendu et à la découverte du merveilleux, où nos pas nous portent-ils ? Qu’est-ce qui s’offre à nous quand on prend le temps de ralentir, d’observer et d’écouter le monde vivant qui nous entoure ?

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Conter avec la revue La Grande Oreille

Conter des contes ! Pourquoi ? Parce que conter c’est : créer des liens en partageant des histoires, se former des images mentales, favoriser l’imaginaire, développer la confiance en soi, faire travailler sa mémoire, structurer l’esprit de façon logique.

Afin de rendre cette démarche accessible, l’équipe de La Grande Oreille a travaillé sur un tout nouvel outil.

Un site étudié pour permettre aux enfants de s’entraîner à prendre la parole en contant à ceux qui les entourent, parents, amis, enseignants… Nous vous présentons aujourd’hui le site Conter avec la revue La Grande Oreille

Et afin de mettre tout cela en pratique, La Grande Oreille propose aux parents et à toutes les personnes auprès d’enfants un temps de partage autour des contes ! Une activité qui vous permettra de garder un souvenir tendre et joyeux de cette drôle de période.

Un conte en audio ou vidéo sera diffusé chaque jour ici et sur Facebook :
➡ Les enfants écoutent le conte ;
➡ Ils peuvent ensuite le partager avec leurs proches, grands-parents, cousins ou amis, par téléphone, par visio… ou simplement avec vous. Ils le raconteront à leur façon et avec leurs mots à eux ; S’ils préfèrent, ils peuvent bien sûr raconter un conte de leur choix !
➡ Nous vous proposons d’enregistrer en audio ce moment de partage à l’aide du dictaphone de votre téléphone ou de votre ordinateur et de nous envoyer l’enregistrement à l’adresse : conteraveclagrandeoreille@gmail.com ou directement sur notre messagerie Facebook.

Nous partagerons l’ensemble des réalisations reçues sur Facebook et sur le site « Conter avec la revue La Grande Oreille ».


Commandes

Tout abonnement commence avec le dernier numéro paru, sauf demande spécifique de votre part. Si vous renouvelez votre abonnement, nous tiendrons naturellement compte de votre situation.


Yannick Jaulin
au Théâtre des Bouffes du Nord
Des places à gagner !

“Pour aller au bout de cette quête linguistique et amoureuse, intime et sociale, il me fallait prendre deux chemins différents, faire deux spectacles sur un seul et même sujet : la transmission.”

                                                                                                                                                Yannick Jaulin

Abonnés à La Grande Oreille, nous vous offrons des places pour deux, pour les spectacles de Yannick Jaulin, le 10 ou le 11 octobre à 19h. Si vous êtes intéressés, écrivez-nous à l’adresse : info@lagrandeoreille.com


Conter Les Métamorphoses

Les Métamorphoses d’Ovide sont un véritable manifeste écologique, une apologie de la vie. Elles chantent l’équilibre du monde, selon la conteuse Clélia Tavoillot qui, dans son spectacle « Dans le jardin des dieux », raconte des métamorphoses végétales.

Nous lui avons posé quelques questions.


Seeds of Tellers – 2e réunion

A Pérouse, en Italie, s’est tenue la deuxième réunion du projet Seeds of Tellers.

Notre nouveau partenaire portugais, Aeprosa (groupement d’écoles publiques dans la région de Faro) a intégré le projet avec succès, à l’occasion des différentes sessions de travail.

L’équipe comprend 6 partenaires européens représentant 5 pays :
#Aeprosa (Portugal), #Lagrandeoreille (France), #Grimmsisters (Italie), #lapprimerie  (France), #logopsycom (Belgique) et #osnovnouchilishte (Bulgarie).

Le but du projet est d’améliorer les compétences orales des élèves européens à l’école primaire en leur permettant de raconter des contes dans le cadre scolaire. Il est également prévu de créer la première bibliothèque européenne de contes et des fiches pratiques pour proposer des outils aux enseignants du primaire.

 

 



La Grande Oreille n°75
Sorcières

Magiciennes, guérisseuses, diablesse, ensorceleuses, qui est vraiment la sorcière ?
Objet de tous les fantasmes, tout à la fois vénérée, persécutée, puis réinventée, elle continue de nous envoûter.

Au sommaire de ce nouveau numéro :
Dossier : Magiciennes ou sorcières ?
Société : Dire pour écrire
Contes : Récits du Moyen Âge
La Petite Oreille : Merveilles de l’hiver

Achat au numéro : La Grande Oreille n°75 Sorcières



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