N°12 – sucré salé, contes à croquer

 

| Éditorial

Jean-Pierre Chabrol est mort, et j’ai horreur des nécrologies ? D’ailleurs à quoi bon le croire mort ? Sa présence demeure forte et charnue dans le cœur et l’esprit de ceux qui l’ont connu. Il n’est pas de ceux que l’on enterre ou que l’on jette aux oubliettes de la mode, et je peux témoigner qu’il se tint toujours comme un homme là où ne règnent plus aujourd’hui qu’images et produits.
Je pense à ces lointains après-midi rue Santos-Dumont, chez Brassens, où je l’ai rencontré pour la première fois. Étrange lumière de souvenirs peuplés de fantômes. Il y avait René Fallet, Jean Bertola, Albert Vidalie (le grand Albert !), la tribu, tous gens massifs, généreux, innocents et pudiques. Je pense aussi à Jakez Hélias, autre seigneur, son pair terrien. Tous morts. Ne reste que Claude Seignolle, l’inépuisable dernier vif de ce panthéon d’hommes-livres, d’hommes-chansons, d’hommes-paroles.
Je rêve d’un festival où les conteurs d’aujourd’hui tendraient la main à ces pères et auraient à cœur de les honorer. Surtout Seignolle, puisqu’il est là, vivant. Il me plaît de dire ici que ses premiers ouvrages furent pour beaucoup dans ma passion des contes. Je ne dois pas être le seul à m’être nourri de ses œuvres. Il est, je crois, important de le dire, de le lui dire, de nous le dire. Il est de ceux qui ont travaillé la terre où s’est enraciné l’arbre du renouveau du conte. Oui, honorer publiquement Seignolle, Jakez, Chabrol et quelques autres qui ne se sont jamais souciés que d’être ce qu’ils étaient, des porteurs de mémoires, ne serait qu’affectueuse
justice, et finalement nous honorerait pas mal aussi.


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